Attention ! fausse carte, vrais problèmes

20 juin 2025

Actualités

Avoir une carte de presse en trois clics. Tentant ? Au mieux, c’est coûteux et inutile. Au pire illégal et dangereux…

Faites passer le message !

La carte, il n’y en a qu’une… ou presque

Quelques clics, zéro justificatif, une livraison express. « C’est simple, rapide »… mais, non, ce n’est pas reconnu, contrairement à ce qui est parfois promis. En tapant « carte de presse » dans les moteurs de recherche, le site de la CCIJP est la première occurrence, mais des sites marchands se glissent aussi dans les réponses.

Soyons clairs. En France, il y a une seule carte. Ses critères d’attribution sont fixés par la loi. Le fonctionnement de l’instance qui délivre la « carte d’identité de journaliste professionnel » aussi.

Alors oui, il faut justifier de son activité. Heureusement ! Et sachez-le, en cas de besoin, la CCIJP sait répondre aux situations d’urgence et examine chaque cas individuellement.

Notez cependant que deux autres cartes coexistent avec celle de la CCIJP. Celle réservée aux correspondants en France de médias étrangers, émise par le ministère des Affaires étrangères. Et celle de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui s’obtient auprès des syndicats de journalistes affiliés. En France, ils sont quatre : la CFDT, la CGT, FO et le SNJ.

Coûteux, inutile et dangereux

Ces procédés, qui vont de l’astuce grossière à la véritable arnaque, sont parfois bien plus coûteux que la carte, la vraie. Jusqu’au double. Le fait que l’argent parte dans les caisses d’organisations inconnues, dont les adresses sont souvent hors de France, devrait alerter. En revanche, les 48,80 € de frais de dossier demandés pour la carte délivrée par la CCIJP permettent à l’instance, professionnelle et paritaire, de fonctionner. Et ces frais sont généralement répartis entre le journaliste et son employeur.

Une fausse carte d’identité de journaliste professionnel ne vous servira à rien. Car elle ne sera pas reconnue pour vous accréditer. Pire, à l’étranger, dans des zones à risques, ces fausses cartes peuvent jeter le doute sur votre réelle mission et vous mettre en danger. Réel, lui.

Des sanctions pénales

Barrée de son bleu-blanc-rouge, votre carte d’identité de journaliste professionnel atteste de votre qualité. C’est pour cela que ce très officiel document permet de s’accréditer pour rentrer sur des sites sensibles, qu’elle permet de circuler sans entraves lors de manifestations…

Acheter une « carte bidon », c’est être victime d’une arnaque. Mais acheter ou fabriquer une contrefaçon, en revanche, est un délit.

Le Code du travail prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 3 750 € d’amende pour « le fait de fabriquer, de distribuer ou d’utiliser une carte présentant (…) une ressemblance de nature à prêter à confusion. »

Mêmes sanctions en cas de « déclaration sciemment inexacte en vue d’obtenir la carte d’identité de journaliste professionnel » ou « d’usage d’une carte frauduleusement obtenue, périmée ou annulée, en vue de bénéficier des avantages offerts par ces cartes ».

En cas de refus de la CCIJP, mieux vaut déposer un recours que se risquer sur ces terrains.