Le 29 mars 1935, les députés ont voté à l’unanimité la loi Brachard. Ce texte fondateur a donné naissance à un statut protecteur pour les journalistes professionnels, à la fameuse carte de presse, mais aussi à la commission paritaire, la CCIJP, chargée d’attribuer ce précieux document, dont les premiers exemplaires ont été délivrés un an plus tard, le 22 mai 1936.
Entre ces deux dates anniversaire, l’institution, peu connue du grand public, a décidé d’organiser dans les prochains mois une série d’événements destinés à rappeler son caractère unique dans le monde.
Car en France, contrairement à la plupart des pays, la carte d’identité de journaliste professionnel n’est pas délivrée par un employeur, un syndicat ou un ministère, mais par une institution totalement libre de son action. Indépendante de l’État, indépendante financièrement et apolitique, la CCIJP est une instance paritaire, composée de représentants des journalistes, mais aussi des patrons d’entreprises de presse.
Une force, qui lui a permis de s’adapter sans cesse aux évolutions du métier et aux nouveaux médias : des premiers caméramans des actualités cinématographiques dans les années 1930 jusqu’aux journalistes des pure players sur le net et sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Elle continuera d’accompagner les professionnels de l’information face aux défis qui les attendent dans les prochaines années.
En 2024, la CCIJP a délivré 34 948 cartes à autant de journalistes professionnels représentant la diversité de leurs métiers.
Une distinction primordiale pour le public, comme pour la démocratie.
Dans un paysage médiatique brouillé par « l’influence », la communication et, plus récemment encore, les aléas liés à l’intelligence artificielle, la Commission demeure la garante du statut des journalistes professionnels, 90 ans après sa création.
La CCIJP
La présidente de la Commission Bénédicte Wautelet (collège employeurs) et la vice-présidente Catherine Lozac’h (collège journalistes) se tiennent à votre disposition pour toute demande d’interview.
La composition de la CCIJP :
La commission traite près de 36 000 dossiers chaque année. Organisme paritaire, sa première instance est composée de huit représentants employeurs et huit représentants journalistes (et leurs suppléants) issus de tous les types de médias et métiers. Elle dispose aussi d’un réseau de 76 correspondants régionaux qui contactent et accompagnent les journalistes qui font leur première demande de carte, hors Île-de-France. En cas de refus, les demandeurs peuvent faire appel devant la commission supérieure, majoritairement composée de magistrats. L’institution est présidée alternativement par un représentant du collège employeurs et du collège journalistes.
Le fonctionnement de la CCIJP :
Chaque dossier de demande de carte est traité individuellement, de son instruction initiale par un salarié de la Commission à son examen par un commissaire et à la prise de décision finale. Les préconisations du rapport Brachard sont toujours en vigueur : « la carte sera accordée avec une impartialité totale, hors de toute préoccupation politique, religieuse ou sociale ». Le nombre de cartes attribuées n’est donc pas limité : il n’y a pas de numerus clausus à la CCIJP.
La discrétion est fondamentale à la Commission : conformément à son règlement intérieur, aucun dossier de demande de carte ne sort des murs de l’institution. La confidentialité est aussi de rigueur pour les échanges entre commissaires journalistes et commissaires patronaux lors des séances plénières.
Trois questions clés sur la carte :
À quoi sert la carte d’identité de journaliste professionnel ?
Quelles sont les conditions d’attribution de la carte de presse ?