« Schéma national des violences urbaines » : la CCIJP réagit à une menace contre la liberté d’informer et la sécurité des journalistes

Début septembre, l’ensemble de la profession a découvert un document du ministère de l’Intérieur intitulé « schéma national des violences urbaines » (SNVU), qui attentait gravement à l’exercice de notre métier et à la liberté́ d’informer et d’être informé.

Diffusé dans la plus grande discrétion fin juillet auprès des forces de l’ordre, ce SNVU énonçait notamment que « la prise en compte du statut des journalistes telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre, ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines ».

Se trouvaient ainsi remis en question les acquis de la mobilisation pour que le schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) de 2020 soit réécrit. Dans sa version finale de décembre 2021, celui-ci rappelle ainsi, en son article 2.2, que « la présence des journalistes lors des manifestations revêt une importance primordiale. Elle permet de rendre compte des opinions et revendications des manifestants et de la manière dont elles sont exprimées, ainsi que de l’intervention des autorités publiques et des forces de l’ordre. Il est donc impératif de protéger le droit d’informer, pilier, comme le respect de l’ordre public, de notre démocratie. À cet égard, la sécurité́ physique des journalistes doit être garantie ». Et encore, en son article 2.2.3.2 : « Aux fins de couvrir le mieux possible la manifestation, les journalistes peuvent, à la différence des autres personnes présentes, circuler librement au sein des dispositifs de sécurité́ mis en place. »

Comme beaucoup d’acteurs de la profession, la CCIJP a réagi sans tarder à cette menace, par un communiqué de presse et une lettre au ministre de l’Intérieur. Face à la vague de protestations, le ministère de l’Intérieur a très vite plaidé le malentendu et publié une nouvelle version de son SNVU, rebaptisé plus modestement « Guide opérationnel des violences urbaines », dans lequel la phrase visant les journalistes a été supprimée.

Au-delà du fond de ce nouveau document, la vigilance reste de mise. Vis-à-vis d’éventuelles initiatives des pouvoirs publics portant à nouveau atteinte à l’exercice de notre métier. Mais aussi sur le terrain, où les dispositions du SNMO sont trop souvent ignorées par les forces de l’ordre.