Comment la CCIJP gère-t-elle l’arrivée de l’IA ?
Comme tous les nouveaux outils.
D’abord en gardant la tête froide. Puis en créant un groupe de travail chargé de mettre en regard l’outil, les diverses vues de ce qu’est le métier et le cadre légal qui est le nôtre, parce qu’on ne donne pas des cartes au doigt mouillé. Nous devons respecter le code du travail et notamment le fameux article L.7111-3. L’idée, par rapport à cette révolution-là, est, comme toujours, d’avoir une grille d’analyse commune. Nous sommes donc dans la phase de réflexion.
La CCIJP s’est-elle toujours adaptée aux nouvelles technologies ?
Tout à fait, et dès les premières réunions ! Les membres de la CCIJP se sont réunis pour la première fois en mai 1936 et les premières cartes ont été délivrées en juillet 1936. Déjà à l’époque, la Commission était confrontée à l’apparition de nouveaux métiers et types de médias. Pour exemple, dès novembre 1936, les représentants des journalistes et les représentants des employeurs ont beaucoup discuté pour savoir si les caméramans des actualités filmées étaient ou n’étaient pas des journalistes. L’idée est de savoir si l’employeur auquel on a affaire est une entreprise de presse ou, en tout cas, délivre de l’information à l’égard du public. L’activité du demandeur relève-t-elle du journalisme ou non ? Ces questions de fond demeurent quelle que soit l’époque. Bien sûr, l’IA est une révolution. Mais nous sommes forts d’une pratique de 90 ans. La radio, la télévision, les sites internet, les podcasts, … la Commission a su faire évoluer ses critères d’analyse en fonction de chaque nouvelle technologie. De même, elle s’adaptera à l’IA.
À hauteur de la CCIJP, comment voyez-vous le futur du métier de journaliste ?
Un de mes prédécesseurs avait l’habitude de dire que la CCIJP était un peu le baromètre de la profession. Je partage cet avis. L’intégration de l’IA générative dans les rédactions aura assurément un impact grandissant. La Commission, témoin central des transformations du métier, sera en première ligne pour en constater les effets pour les journalistes et plus largement sur la profession.


